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ANALYSE D’UNE DEMISSION
I-LES ORIGINES DE LA DISCORDE ENTRE CHRISTIAN SOW ET LE PROFESSEUR ALPHA CONDE
La nouvelle de la démission de Christian SOW, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux a claqué comme un fouet. Le matin du 25 Juin, il réunit les membres de son Cabinet et leur annonce sa décision de rendre le tablier pour des raisons de santé. Nul au sein de son Cabinet n’est dupe, puisque le ciel des relations entre le Ministre de la Justice et de son Président a commencé à s’assombrir depuis longtemps.

Nouvellement promu Ministre de la Justice, Christian SOW, Avocat, ancien Bâtonnier, s’était battu bec et ongles pour obtenir de son Oncle et tuteur à Paris, Professeur Alpha CONDE, ce poste qui lui paraissait le couronnement de sa carrière. Il arrive au poste tout délirant d’enthousiasme. Le slogan « ensemble changeons la Guinée » du nouveau Président de la République résonnait dans sa tête comme apophtegme qu’il se croyait investi de ritualiser dans le but de réussir à couvrir la Justice d’une peau neuve, d’une auréole glorieuse, une sorte de ‘’Travaux d’ Hercule ‘’. Il avait des rêves grandioses et de fortes ambitions pour la Justice qu’il avait appris à aimer et à plaindre tellement elle faisait pitié.

En effet, il ne pouvait se tenir dans le pays une réunion professionnelle, un cénacle politique, une tribune journalistique où la réforme tantôt la justice, tantôt de l’Etat, ne soit pas inscrite à l’ordre du jour.
Monsieur le Garde des Sceaux expose à tout venant, inlassablement avec une sincérité mêlée d’interrogations et de naïveté qui frisent la schizophrénie, la situation préoccupante de la Justice guinéenne, dans la perspective et le dessein de convaincre le Président de la République afin de mobiliser les autorités guinéennes et les partenaires de notre pays à comprendre les malaises dénoncés, la crise invoquée là, les dysfonctionnements constatés ou décriés qui alimentent les appels à la réforme qui permettront aux Magistrats, Greffiers, Avocats et tous les professionnels de droit d’accomplir les missions qui leur sont dévolues par nos lois.

Sa longue pratique dans les prétoires lui a fait prendre conscience qu’au-delà de l’insatisfaction récurrente des justiciables, dès qu’il est question de la Justice, il existe un malaise nourri de reproches et de revendications qui ne convergent pas nécessairement.

Après cinquante deux (52) ans de souveraineté nationale, la Guinée affiche le tableau désolant d’une Justice qui balbutie, se cherche à cause des trébuchements que lui infligent la mauvaise gouvernance et le peu de respect des autorités politiques pour la loi et à l’égard des hommes et des femmes chargés de l’appliquer.

L’hypothèse sur laquelle Christian SOW se jette éperdument dans le projet de réforme de la Justice va au-delà des dysfonctionnements matériels en termes d’effectifs, d’équipement ou d’infrastructures, le malaise de la justice pose pour la question plus générale de la place de la justice dans l’architecture des pouvoirs étatiques.

A l’heure où l’on n’entend plus parler que de gouvernance et d’Etat de droit portés par les nouvelles technologies de l’information et la transparence, ce malaise doit être relié aux évolutions et aux critiques dont l’Etat guinéen est lui-même l’objet, taxé d’archaïsme et d’impuissance, invité à se moderniser, sans que l’on sache toujours ce que moderniser peut signifier.

La réforme de la justice ne peut être conçue abstraction faite de l’Etat, indépendamment de toute réflexion sur ce qu’est l’Etat dans la logique du « ensemble, changeons la Guinée » et sur ce que sont ses missions, le rôle qu’y joue le droit, la part que doit y conserver la politique, la manière dont le droit et la politique peuvent trouver à s’exprimer à travers les activités relevant de la fonction législative, de la fonction exécutive et de la fonction juridictionnelle d’un Etat dont le centralisme est nécessairement affecté, à la base, par la consolidation des collectivités locales et, au sommet, par le renforcement de l’intégration régionale ou sous-régionale.

Christian ne cessait de répéter que dans les prévisions et la réalisation du programme quinquennal du Pr Alpha Condé, conformément aux promesse de celui là lors de sa prestation de serment et aux obligations de sa charge de Président de la République et de Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, le renforcement des capacités de la justice et l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des professionnels qui y contribuent, demeurent la priorité.

Il affectionnait de répéter avec force détails que le Président a juré de respecter et de faire respecter la Constitution, les lois de la République et les décisions des Cours et Tribunaux et d’être le garant de l’indépendance de la Justice. L’annonce répétée de sa conviction inaltérable que celui-ci, homme de parole et d’action, dont la Guinée a la chance d’avoir au pouvoir, s’y emploierait sans trêve et avec la rectitude qui y sied.

Il promet aux Magistrats, ceux de son Cabinet surtout qu’ensemble, ils tiendraient la gageure que le Conseil Supérieur de la Magistrature sera mis en place et rendu opérationnel avant la seconde quinzaine d’Avril 2011. Il assure que le Président Alpha CONDE tiendrait sa promesse à en présider la première séance dans la première semaine de Mai prochain.

Il écoute les Magistrats dans une longue série de réunions exposer difficultés, foi et espoir dans des réformes idoines. Il élabore avec eux un programme dont il trace les domaines d’action.
Le premier domaine d’action porte sur la consolidation des garanties de l’indépendance et de la crédibilité de la Justice.

Cela, en assurant au Conseil supérieur de la magistrature un statut digne de son rang, en tant qu’institution constitutionnelle à part entière.
Le deuxième domaine d’action est la modernisation du cadre fonctionnel et normatif, notamment pour ce qui se rattache aux affaires et aux investissements, ainsi que la garantie des conditions de respect de la loi et de procès équitable. L’on connait la pertinence et l’impact d’une telle action, vu que la Guinée recèle d’importantes ressources naturelles devant drainer d’assez importants investissements directs étrangers. Mais, quelle que soit la réforme, elle s’appliquera également aux investisseurs nationaux et devra garantir, aux premiers comme aux seconds, une justice équitable réunissant la sécurité juridique et la sûreté judiciaire.

Il convient, dans ce cadre, de développer des modes alternatifs de règlement des différends comme la médiation, l’arbitrage et la conciliation, d’appliquer les peines de substitution et de promouvoir la justice de proximité, créer des établissements spécialisés de rééducation et d’insertion des jeunes en conflit avec la loi, revaloriser le service du casier judiciaire.

La mise à niveau des structures judiciaires et administratives est la troisième action ; il s’agit d’adopter une nouvelle gouvernance de l’administration centrale du ministère de la Justice, des Cours et des tribunaux, en mettant l’accent sur l’amélioration de l’efficience judiciaire par la lutte contre les précarités, les lenteurs et autres complexités qui handicapent le système judiciaire, et portent préjudice aux justiciables .

Pour cela il est nécessaire de simplifier les procédures et d’en garantir la transparence, d’améliorer la qualité des jugements et des prestations judiciaires, de faciliter l’accès des justiciables aux différentes juridictions du pays et de redéfinir la carte judiciaire.
Un autre défi est la moralisation de la justice pour la prémunir contre les tentations de corruption, d’abus de pouvoir et de déni de justice et lui permettre, à son tour, de contribuer, par les moyens du droit, à la moralisation de la vie publique. Il s’agit là d’un chantier ardu et de longue haleine, qui exige une mobilisation générale, non seulement au sein de la famille de la justice et de la magistrature, mais aussi parmi les institutions et les forces vives du pays, voire tous les citoyens.

Ce défi exige surtout la majoration substantielle du budget d’investissement du département et l’accroissement de la rémunération des magistrats pour leur assurer une vie de dignité. La faible allocation budgétaire actuelle ne permet pas de sortir la Justice de ses entraves éternelles qui l’enserrent douloureusement dans un corset d’indigence infamante.

Pour mener à bien la réforme institutionnelle de la justice dont les plans et projets s’échafaudent dans sa tête, il faudra, non seulement en évaluer la teneur, mais juger également de la capacité à en assurer une mise en œuvre optimale et un pilotage efficient, c'est-à-dire la nécessité de l'actualisation des textes ou leur mise en conformité avec les instruments juridiques internationaux, l'accélération de la cadence de la reconstruction des infrastructures et l'amélioration de l'action judiciaire, à travers l'augmentation et la spécialisation du nombre des fonctionnaires et des agents, la préservation de leur dignité,, leur réarmement moral, le renforcement des mécanismes de prompte exécution des jugements et la promotion de la formation et de la spécialisation.

Il s’approprie l’idée de la convocation des Etats généraux de ses prédécesseurs et projette les réformes à réaliser :
1 : La carte judiciaire ;
2 : L’application intégrale et correcte du Statut des magistrats qui date de décembre 1991 ;
3 : Mise en Place du Conseil Supérieur de la Magistrature créé par une loi organique de 1991.
4 : Les Infrastructures judiciaires et pénitentiaires inexistantes ou complètement dégradées ;
5 : L’aide à l’accès des justiciables au droit et à la justice.

Christian, en proie à la fièvre de ses illusions et de son enthousiasme délirant, réussit à arracher au forceps l’accord présidentiel pour l’organisation des Etats généraux de la Justice en Avril 2011.

Dans son discours de circonstance, il déclare : « la justice est le sommet de l’humanisme de la société, ses infrastructures doivent justement refléter notre degré d’humanisme et c’est pourquoi il faut procéder, à très court terme, aux études nécessaires à la restauration ou à la reconstruction des infrastructures judiciaires et pénitentiaires. »

Il insiste sur le nombre et la qualité des Magistrats liés, bien sûr, à la formation et au recrutement. Il dit sa déception que les Gouvernements successifs n’y aient accordé ni l’attention voulue, ni les moyens nécessaires. La part du budget national revenant au secteur de la Justice est si faible qu’il n’est pas possible d’envisager de financer la formation initiale de nouveaux magistrats et greffiers, à plus forte raison la spécialisation des Magistrats et des juridictions. Cette situation doit changer, radicalement.

Il relève que des juridictions ne peuvent tenir leurs sessions régulières pour des raisons budgétaires et la conséquence de cette situation est le croupissement de personnes en prison, dans l’attente indéfiniment prolongée de leur jugement. Christian trouve cela inadmissible !
Il demande, dans l’intérêt des mutations nécessaires à l’efficacité de la Justice ; le relèvement du niveau de l’allocation budgétaire destinée au service public de la Justice. Nos prisons doivent cesser d’être des mouroirs, ne cesse-t-il de ressasser. Les détenus sont des humains qui, malgré leur conflit avec la loi, ont des droits que nous devons préserver se surprenait-il à rabâcher. Les questions budgétaires ne doivent donc pas constituer d’obstacle à l’amélioration de la vie carcérale.
Telles sont les illusions qui ont formé la pomme de discorde entre Christian SOW et le Professeur Alpha CONDE

II - ANALYSE D’UNE DEMISSION
DESCENTE AUX ENFERS de CHRISTIAN SOW

Au cours de la séance d’ouverture des Etats généraux, un diaporama déroule, sous les yeux d’Alpha CONDE incrédule et outré, le visage lépreux de la Justice. Alpha CONDE qui s’attendait à voir autre chose que les images hideuses d’infrastructures délabrées est choqué par cette kyrielle de Palais de justice en ruine, qui dénonce les conditions infâmes et inhumaines de travail dans lesquelles les Magistrats sont confinés.

L’état des lieux de détention payaient une mine plus macabre encore. Lorsqu’il a entendu que les Magistrats les mieux payés, ceux de la Cour Suprême, ne perçoivent pas un traitement salarial équivalent à cinq cent dollars par mois ; il a crié à l’exagération et ne s’est pas empêché de reprocher à son Ministre d’avoir surfait, par une amplification abusive, la réalité cruelle dont il venait de vivre le spectacle affligeant.

Cependant, il banalise la chose lors de la clôture des Etats généraux. Il ne manque pas de s’en prendre aux Magistrats auxquels il inflige une note humiliante. Il déclare qu’en Professeur indulgent, il donne la note de cinq sur dix au rapport qui lui est présenté, puisque les Magistrats ont exposé crument les maux qui les assaillent, en évitant de parler de leurs incuries. Il se garde d’aborder les maux qui lui ont été exposée ; pas un mot sur ce qui l’engage concernant les réformes qui lui sont proposées. Il adopte une langue de bois.

De ce jour, il ne décroche plus les appels de son Ministre. Les demandes d’audiences de Christian à partir de Mai 2011 n’ont pas suite. Le contact direct est interrompu.
Christian soumet un Décret de remaniement qui est signé. Il est rapporté, à la publication de ce décret, que Christian SOW a privilégié les Peulhs. Les postes de Premier Président de la Cour d’Appel, de Procureur Général et d’Inspecteur général sont attribués à des Peulhs. Christian est convoqué à la Présidence pour être tancé comme un pickpocket, un traître.
Alpha CONDE, ami du père de Christian, tuteur de Christian SOW pendant des années demande à celui-ci de lui confirmer s’il est peulh, parce que lui Alpha CONDE ignorait que tel était le cas.

Désormais, Christian ne peut rencontrer le Président que par deux canaux : Naby Youssouf SYLLA directeur de l’Administration pénitentiaire et Goureissy SOW agent judiciaire de l’Etat. DIONE Aboubacar le Directeur du protocole évitait de rencontrer Christian pour ne pas subir les foudres du Président. Dr Diané directeur de Cabinet du Président et Kabèlè le Ministre de la défense se sont ligués contre le pauvre Christian. Les autres Ministres s’en écartent, rendant sa solitude au sein de l’équipe gouvernementale insupportable. C’est l’enfer avant la mort.

III - ANALYSE D’UNE DEMISSION
LES REPROCHES DE CHRISTIAN CONTRE ALPHA CONDE

Les reproches de Christian SOW porte sur la violation de 19 articles de la Constitution, résultant du fait que le Président de la République, ne lisant jamais la Constitution et ne consultant jamais ceux qui en peuvent faire bonne lecture prend des actes qui ne sont pas qu’illégaux, ils sont anticonstitutionnels. Puisque la Constitution dispose :

1. Article 2 : ….La souveraineté s’exerce conformément à la présente Constitution qui est la Loi suprême de l’Etat. Toute loi, tout texte réglementaire et acte administratif contraires à ses dispositions sont nuls et de nul effet…….
Le Professeur a pris des décrets sur des matières soit qui ne relèvent pas de lui, soit sont soumises à des conditions strictes à observer ; c’est ainsi qu’il a nommé des personnes à des postes et il a été obligé de revenir sur ces décrets. Récemment il a atteint le comble par la destitution de plantons, de secrétaires et de directeur d’une société privée par décret, croyant que le domaine du Décret est illimité. Or Christian a la manie l’agacer en lui rappelant inopportunément ces faits.

2. Article 22: Chaque citoyen a le devoir de se conformer à la Constitution, aux lois et aux règlements.
Le professeur Alpha CONDE se déclare au dessus des partis et ne manque aucune occasion de s’impliquer dans les activités du RPG.
Il aime invectiver les Magistrats et les couvrir d’opprobre, dont l’honneur et la dignité n’ont pas de sens pour lui.

Les organes de médias publics sont mis au seul service du RPG et la campagne du RPG bat son plein avec l’implication personnelle de son épouse, de son Premier Ministre et de ses Ministres. Les associations sont devenues des mouvements de soutien politique des actions du Président avec des prébendes puisées dans les finances de l’Etat

3. Article 23 : Il assure la continuité des Institutions et des services publics, dans le respect de la Constitution.
La récurrence de la violation de cette disposition apparaît dans chacune des dispositions qui suivent.
4. Article 45: Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l'Etat. Il incarne l'unité nationale.
Le Président de la République est au-dessus des partis politiques.
Les propos de discrimination et d’exclusion qui émaillent les discours du Président de la République ne sont pas de nature à ramener la concorde au sein des composantes de la nation. Son programme de réconciliation ne concerne pas les personnes qui ont été expulsées des localités où elles étaient nées.
Sur la question d’emploi, il promet de chasser les ‘’vieux’’ au profit des jeunes, comme si les personnes âgées n’avaient pas droit au travail et à la vie. Il aurait dû s’appliquer à lui-même cette logique en se retirant de la vie politique en laissant la place à un leader plus jeune.

5. Article 46: Le Président de la République dispose du pouvoir réglementaire qu’il exerce par décret. Il nomme en Conseil des Ministre aux emplois civils dont la liste est fixée par une loi organique.

Le Président Alpha CONDE nomme aux emplois auxquels la Constitution ne lui confère le droit. Le droit commun des nominations aux emplois civile appartient au Premier Ministre qui semble satisfait d’être relégué à la fonction de directeur de campagne de l’alliance Arc en ciel et d’inaugurateur de mosquées.
Le Président de la République ne peut nommer qu’à des emplois que la loi lui attribue.

6. Article 47: Le Président de la République est garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et de la cohésion nationale.
Il est responsable de la défense nationale. Il préside le Conseil Supérieur de Défense Nationale.
Il n’y a nulle trace d’un acte présidentiel organisant et composant le Conseil Supérieur de la Défense Nationale. Des localités sont dégarnies d’agents de sécurité alors que la pléthore s’observe ailleurs. L’appartenance à une certaine ethnie garantit l’emploi et le poste, symétriquement le limogeage et la mise à l’écart sont vite opérés.
7. Article 50: Le Président de la République prononce une fois par an devant l’Assemblée Nationale un message sur l’état de la Nation.
Le Président de la République se soustrait à son obligation constitutionnelle de passer devant le CNT. Or, le CNT est explicitement investi par la Constitution de la prérogative d’assumer toutes les fonctions de l’Assemblée Nationale, y compris recevoir le message du Chef de l’Etat sur l’Etat de la Nation. Le Pr Alpha Condé a préféré s’adresser à la nation lors de la célébration de l’anniversaire de son investiture, en violation de la Constitution.

8. Article 58 : Le Premier Ministre dispose de l’Administration et nomme à tous les emplois civils, excepté ceux réservés au Président de la République.
Le président Alpha Condé refuse à son Premier Ministre les prérogatives que la Constitution a attribuée à celui-ci. Or, comme il est dit plus haut, c’est le Premier Ministre qui, constitutionnellement, détient le droit commun de la nomination aux emplois civils.

Le Premier Ministre ne prend aucun acte, puisque le Président de la République déclare qu’il détient le monopole du Décret, or telle rédigée, la Constitution laisse apparaître que, du fait que « le Premier Ministre dispose de l’Administration…. » il nomme par décret. Mais faut-il qu’il le comprenne et ose et faut-il que le Président Alpha CONDE sorte de la conception de ses prédécesseurs et accepte les règles de partage de pouvoir posées par la Constitution.

Evidemment une connaissance du droit constitutionnel s’impose ou le recours à un constitutionnaliste est de mise.
9. Article 64: Une loi organique fixe le nombre de Députés et le montant de leur indemnité.
On s’achemine vers les législatives sans savoir quel nombre de députés il y a élire, la population guinéenne a augmenté depuis 1993, or vraisemblablement il est question de maintenir le nombre d’il y a dix neuf ans !
Personne, même les partis politiques ne s’en préoccupent.
Le CNT, menacé par Alpha CONDE n’ose élaborer les lois organiques prévues par la Constitution

10. Article 78: Après son adoption par l'Assemblée Nationale, la loi est transmise sans délai au Président de la République. Le Président de la République promulgue la loi dans les dix jours. Le délai court huit jours francs après la transmission de la loi adoptée.

Le CNT a adopté des lois que le Président de la République refuse de promulguer.
11. Article 81: En cas de non promulgation d'une loi par le Président de la République dans les délais fixés, la loi entre en vigueur. La Cour constitutionnelle ordonne son enregistrement et sa publication au Journal Officiel.
Les lois que le CNT a adoptées n’ont pas été transmises à la Cour Suprême pour leur mise en vigueur.

12. Article 95 : les lois organiques sont obligatoirement soumises par le Président de la République à la Cour Constitutionnelle avant leur promulgation.
Comme il est dit plus haut les Lois organiques votées ne sont pas envoyées par le Président de la République pour le contrôle de Constitutionnalité.
Les lois autorisant les ratifications sont adoptées sans le contrôle préalable de constitutionnalité.
13. Article 109: Les Magistrats ne sont soumis, dans l'exercice de leurs fonctions, qu'à l'autorité de la loi. Les Magistrats du siège sont inamovibles dans les conditions déterminées par la loi. Les Magistrats du siège, du Parquet et de l’Administration centrale de la Justice sont nommés et affectés par le Président de la République, sur proposition du Ministre de la Justice, après avis conforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. Toute nomination ou affectation de Magistrat sans l’avis conforme du Conseil Supérieur de la Magistrature est nulle et de nul effet.

La procédure de nomination décrite dans cette disposition impérative n’est pas celle observée. La pratique du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat demeure en vigueur, malgré l’existence de la loi organique de 1991 sur le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Un refus systématique du Président de la république de mettre sur pied ce Conseil est opposé au Ministre de la Justice.

14. Article 111: Le Conseil Supérieur de la Magistrature donne son avis sur toute question concernant l’indépendance de la Magistrature, la carrière des Magistrats et sur l’exercice du droit de grâce.

15. Article 112: Le Conseil Supérieur de la Magistrature présidé par le Président de la République comprend ………………….Le fonctionnement, l'organisation et les autres compétences du Conseil Supérieur de la Magistrature sont fixés par une loi organique.

Le refus du Président de la République de laisser le CNT et la peur du Présidium de cette institution de jouer son rôle de législateur constituent un obstacle à l’adoption de la nouvelle loi conforme à la nouvelle constitution.
Article 119: Il y a haute trahison lorsque le Président de la République a violé son serment, les Arrêts de la Cour Constitutionnelle, est reconnu auteur, coauteur ou complice de violations graves et caractérisées des droits humains, de cession d’une partie du territoire national, ou d’actes attentatoires au maintien d’un environnement sain, durable et favorable au développement.

16. Article 121: Une loi organique fixe les règles de fonctionnement et la procédure suivie devant la Haute Cour de justice.

17. Article 129 : Le Médiateur de la République est nommé par le Président de la République pour un mandat de sept (7) ans non renouvelable, par Décret pris en Conseil des Ministres parmi les hauts fonctionnaires retraités ou non, ayant au moins trente ans de service. Il ne peut être démis de ses fonctions qu’en cas d’empêchement définitif ou de faute grave constatés par la Cour Suprême.
Les nominations successives par le Général Konaté et par le Professeur Alpha CONDE violent la Constitution

18. Article 157: Le Conseil National de la Transition assumera toutes les fonctions législatives définies par la présente Constitution jusqu’à l’installation de l’Assemblée Nationale.
De tout qui précède, il résulte la volonté manifeste du Président de la République de faire obstruction au fonctionnement du CNT toutes les fois qu’il entend se soustraire ou soustraire le Gouvernement au contrôle du CNT
19. Article 158: Les lois nécessaires à la mise en place des institutions et au fonctionnement des pouvoirs publics sont adoptées par le Conseil National de la Transition et promulguées par le Président de la République.

De toutes les dispositions de la Constitution, celle-ci est celle qui provoque l’ire du Professeur Alpha Condé, il n’entend pas du tout reconnaître au CNT la plénitude des prérogatives que cette disposition lui confère.

20. Article 160: Les dispositions relatives à la Cour Constitutionnelle, à la Cour des Comptes, à l’Institution Nationale des Droits Humains, au Médiateur de la République et au Haut Conseil des Collectivités Locales entreront en vigueur à la date de leur installation. Cette installation sera réalisée dans un délai de six mois au plus tard à compter de l’installation de l’Assemblée Nationale. Toutefois, l'installation du Haut Conseil des Collectivités Locales se fera au plus tard trois mois après les élections locales.

L’inconstitutionnalité de la nomination du Médiateur, de la Présidente de la Haute Autorité de la Communication découle de cette disposition.
A force de répéter mollement, sans une conviction affichée, attestant une sincérité respectable et par une restriction mentale, que force doit rester à la loi, Christian a perdu son aura auprès de son Tonton bien-aimé.

IV - ANALYSE D’UNE DEMISSION
MAUVAISES RELATIONS AVEC LES MAGISTRATS et LES AVOCATS
Il convient de souligner qu’au sein de la Justice Christian SOW s’est bâti une sulfureuse réputation. Il ne s’entend pas avec les cadres qui forment son cabinet. Il est cassant, sans égards pour ceux qu’il commande, toujours prêt à se ruer mortellement et sans discernement sur le premier qui lui en donne le moindre motif ou l’occasion.

Ses confrères Avocats ne manquent pas de critiques féroces à son encontre trouvant que depuis qu’il est Ministre, cet ancien défenseur des droits de l’Homme qui accepte aujourd’hui que les règles universelles qu’il a longtemps plaidé pour les autres, y compris pour le Professeur Alpha CONDE, s’applique, à savoir :
1. La liberté est la règle alors que la privation de la liberté et la détention sont l’exception ;
2. La présomption d’innocence est la conséquence de cette lettre ;
3. L’exécution des décisions de justice est une obligation sacrée du Président de la République figurant dans son serment.
4. L’indépendance de la Justice est inviolable.
C’est pour avoir tout à la fois, et bien souvent inopportunément, défendu et combattu ces principes que CHRISTIAN SOW a perdu l’estime de son chef et le respect de ses collaborateurs et confrères. Il a ce poste laissé paraître des tares de sociabilité qui isolent l’homme de ses semblables.

Il faut dire que si grand Avocat il fut, petit ministre il a été. Petit à tous égards : absence d’autorité, incapacité à résoudre les problèmes, inaptitude à diriger une équipe, défaut de sens de l’opportunité, faible connaissance du fonctionnement des structures administratives, manque d’audace et de méthode de raisonnement tactique, atermoiement…..

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la visite inopinée du Président de la République au domicile de Christian au cours de laquelle, dans un langage dépourvue de toute urbanité, celui est traité d’incapable, incompétent et inopérant qui le laisse à la merci de magistrats pourris. Il lui jette à la face son impéritie de n’avoir pu lui éviter une décision comme celle prise récemment par la Chambre d’accusation dans l’affaire de l’attaque du domicile présidentiel à Kipé en Juillet 2011.

La colère présidentielle a été passée sur Christian en présence de sa famille. Il a été oublié que l’homme est un père de famille qui aurait voulu donner de lui une autre image à sa famille, surtout qu’il est affligé du titre envié de Ministre. Christian subit l’aplatissement, dans le silence, les assauts d’humiliation du Président. Il n’en dort et passe la nuit à y réfléchir et ne trouve pas une alternative autre que de jeter le tablier.

Le Président Alpha Condé déclare refuser la démission qui lui est remise et, cette fois, fait venir le Ministre mutin, le tance vertement en lui martelant qu’en plus de son incompétence, il faut qu’il le jette en pâture aux adversaires politiques et aux ennemis. Il ne bougera pas de son poste et qu’il n’envisage pas de voyage. Et toc !

En ayant eu le courage d’adresser sa lettre de démission, Me Christian SOW démontre qu’il reste encore en lui une flamme de dignité qui rallumera les ardeurs et les vertus de l’Avocat des droits de l’Homme que l’on admirait. Ayons la naïveté de d’Espérer et disons aux autres qui sont dans son cas ayez le courage de l’imiter !

BADARA ALY SADJA


Débat du président Barack Obama au Forum avec les jeunes leaders africains

7/8/2010

  Bon après-midi, tout le monde. Bienvenue à la Maison-Blanche et bienvenue aux États-Unis d’Amérique. Je souhaite la bienvenue aussi à nos amis du Ghana, bien qu’ils nous aient coupé l’herbe sous le pied à la Coupe mondiale de football. (Rires) Où êtes-vous ? Là ? C’est vrai, on a failli gagner. Le Ghana, nous vous donnons rendez-vous en 2014. (Rires)

C’est pour moi un insigne privilège de vous accueillir au Forum des jeunes leaders africains. Vous êtes venus de près d’une cinquantaine de pays. Vous reflétez la grandeur de l’histoire et de la diversité qui définit le continent. Vous vous êtes déjà distingués en étant des leaders – dans la société civile, le développement, les milieux d’affaires et les groupes confessionnels ; un avenir extraordinaire vous attend.

De fait, vous représentez l’Afrique qui est trop souvent passée sous silence, les progrès impressionnants qu’ont réalisés beaucoup d’Africains et votre potentiel illimité au XXIe siècle.

J’ai convoqué ce Forum pour une raison bien simple. Comme je l’ai dit l’année dernière à Accra, je ne vois pas dans l’Afrique un monde à part ; je vois dans l’Afrique une partie fondamentale de notre monde interconnecté. Qu’il s’agisse de créer des emplois dans une économie mondiale, de dispenser un enseignement ou des soins de santé, de combattre les changements climatiques, de s’opposer aux extrémistes violents qui n’ont rien d’autre à offrir que la destruction ou de promouvoir des modèles de démocratie et de développement qui ont fait leurs preuves – pour tout cela, le monde a besoin d’une Afrique forte, autonome et prospère. Le monde a besoin de votre talent et de votre créativité. Nous avons besoin de jeunes Africains qui se lèvent et font changer les choses, non seulement dans leurs propres pays et aussi de par le monde.

Les États-Unis veulent être votre partenaire. Je suis heureux que ma secrétaire d’État, Mme Clinton, vous ait déjà parlé et que des leaders de l’ensemble de mon gouvernement qui s’emploient jour après jour à approfondir nos partenariats se soient joints à nous.

Je ne saurais imaginer un moment mieux choisi pour ce rassemblement. Cette année, les peuples de dix-sept nations à travers l’Afrique subsaharienne célèbrent cinquante ans d’indépendance. Quelle que soit la mesure retenue, l’année 1960 fut une année extraordinaire. Du Sénégal au Gabon, de Madagascar au Nigéria, les Africains étaient en liesse dans les rues – ils baissaient les drapeaux étrangers et hissaient le leur. En l’espace de douze mois remarquables, près du tiers du continent a accédé à l’indépendance – un soubresaut d’autodétermination qui finit par déboucher sur la célébration de « l’année de l’Afrique ». Après une longue attente, les Africains étaient libres de tracer leur voie, de forger leur destinée.

Certes, l’année 1960 s’est révélée mémorable pour une autre raison. Ici, aux États-Unis, ce fut l’année où un candidat à la présidence eut l’idée de proposer que les jeunes Américains consacrent une année ou deux de leur vie à servir le monde à l’étranger. Le candidat s’appelait John F. Kennedy, et son idée allait donner naissance au Corps de la paix – l’un de nos merveilleux partenariats avec le monde, y compris l’Afrique.

Mais bâtir une nation est une noble tâche qui n’en finit pas. Ici, aux États-Unis, plus de deux cents après notre indépendance, nous n’arrêtons pas de parfaire notre union. À travers l’Afrique aujourd’hui, on ne peut nier les difficultés auxquelles tant de gens se heurtent au quotidien – pour nourrir leurs enfants, trouver du travail, survivre un jour de plus. Et trop souvent, c’est la seule image de l’Afrique que voit le monde.

Mais aujourd’hui, vous représentez une vision différente – une vision de l’Afrique dynamique. Une Afrique qui met fin aux conflits d’antan, comme au Libéria, où, m’a dit la présidente Sirleaf, les enfants d’aujourd’hui « n’ont pas connu le bout du fusil et n’ont pas eu à prendre la fuite ». Une Afrique qui se modernise et qui crée des débouchés – l’agro-alimentaire en Tanzanie, la prospérité au Botswana, le progrès politique au Ghana et en Guinée. Une Afrique engagée dans une révolution des services mobiles à large bande qui pourrait bien transformer le quotidien des générations à venir.

Bref, c’est une Afrique capable de grandes réalisations – comme en témoigne le fait qu’elle a accueilli la plus grande manifestation sportive au monde. Nous félicitons nos amis sud-africains. Et si la finale a été disputée entre deux pays européens, c’est en fait l’Afrique qui a gagné la Coupe du monde, comme on l’a entendu dire.

Ainsi donc, une fois encore, l’Afrique vit un moment de promesse extraordinaire. Comme je l’ai dit l’année dernière, quand bien même ils ne revêtent pas l’aspect dramatique des luttes de libération du XXe siècle, les défis d’aujourd’hui seront au bout du compte encore plus lourds de sens. Car c’est à vous, jeunes pétris de talent et d’imagination, qu’il va incomber de construire l’Afrique au cours des cinquante prochaines années.

L’avenir de l’Afrique appartient aux créateurs d’entreprises, tel le propriétaire d’une petite entreprise de Djibouti qui, naguère marchand de glaces, gère aujourd’hui un cabinet de comptabilité et fournit des conseils à d’autres entrepreneurs. Je veux parler de Miguil Hasan-Farah. Est-ce que Miguil est ici ? Le voilà. Ne soyez pas timide. Allez. (Applaudissements)

Tandis que vous vous affairez à créer des emplois et des débouchés, les États-Unis travailleront avec vous, en encourageant les échanges et les investissements dont dépend la croissance. Voilà pourquoi nous sommes fiers d’accueillir cette semaine le forum de l’AGOA afin d’élargir les échanges entre nos pays, et aujourd’hui d’ailleurs, je vais avoir des entretiens avec des ministres du commerce, du commerce extérieur et de l’agriculture venus des quatre coins de l’Afrique subsaharienne. Voilà pourquoi encore notre initiative historique en faveur de la sécurité alimentaire ne se borne pas à l’acheminement de vivres ; elle vise aussi à partager les nouvelles technologies et à accroître la productivité et l’autonomie de l’Afrique.

Personne ne devrait avoir à verser un pot-de-vin pour obtenir un emploi ou des services de base de la part d’agents publics. Dès lors, dans le cadre de notre stratégie de développement, nous mettons l’accent sur la transparence, la reddition de comptes et la présence de robustes sociétés civiles – car telles sont les réformes qui peuvent mobiliser un changement doué d’un pouvoir transformateur. L’avenir de l’Afrique appartient aussi à ceux qui s’attèlent à la tâche de concrétiser ce genre de transparence et sont appliqués à la mise en œuvre des mesures contre la corruption.

L’avenir de l’Afrique appartient à ceux qui prennent leur santé en main – telle la conseillère en matière de VIH/sida, venue du Malawi, qui aide d’autres séropositifs, comme elle, en partageant son témoignage – je veux parler de Tamara Banda. Où est Tamara ? La voilà. Merci, Tamara. (Applaudissements) Notre initiative en faveur de la santé mondiale dépasse le simple cadre du traitement des maladies : elle vise aussi à renforcer la prévention et les systèmes de santé publique en Afrique. Comprenez-moi bien : nous continuons d’accroître les fonds affectés à la lutte contre le VIH/sida, à un niveau sans précédent, et nous continuerons de faire tout le nécessaire pour sauver des vies et investir dans des avenirs plus sains.

L’avenir de l’Afrique appartient aussi aux sociétés qui protègent les droits de tous leurs habitants, en particulier des femmes, telle la journaliste ivoirienne qui se fait la championne des droits des femmes et des filles musulmanes – je veux parler d’Aminata Kane-Kone. Où est Aminata ? La voici. (Applaudissements) À vous et aux habitants de toute l’Afrique, je le dis : sachez que les États-Unis d’Amérique se tiendront à vos côtés dans votre quête de justice, de progrès, des droits de l’homme et de la dignité de tous.

Bref, l’avenir de l’Afrique appartient à sa jeunesse, y compris à une femme qui inspire les jeunes du Botswana avec son émission de radio, « The Real Enchilada » -- je veux parler de Tumie Ramsden. Où est Tumie ? Là - « The Real Enchilada ». (Applaudissements)

Tandis que vous poursuivez vos rêves – celui de faire des études, de trouver un emploi, de faire entendre votre voix, de mobiliser vos populations – l’Amérique veut appuyer vos aspirations. C’est pour cela que nous voulons donner aux jeunes Africains les moyens d’agir – en appuyant leur éducation et en multipliant les échanges éducatifs, comme celui qui a permis à mon père de venir du Kenya à l’époque où les Kényans rejetaient le colonialisme et tentaient de forger un nouvel avenir. Nous aidons à consolider les réseaux locaux de jeunes gens qui sont convaincus, comme on l’entend dire au Kenya de nos jours, que : « Yes Youth Can ! » « Yes Youth Can ! ». (Rires et applaudissements)

Bon, il s’agit d’un forum, c’est pourquoi nous avons consacré une partie du temps pour répondre à quelques questions. Je ne suis pas censé être le seul à parler. Je veux entendre ce que vous avez à dire et connaître vos objectifs et savoir comment nous pouvons être des partenaires capables de vous aider à les atteindre. Nous voulons que ce soit un commencement – le point de départ d’un nouveau partenariat et de nouveaux réseaux qui vont créer des débouchés pour des années à venir.

Mais je vais conclure en vous livrant ces quelques réflexions. Vous êtes les héritiers de la génération de l’indépendance que nous célébrons cette année. Grâce à leurs sacrifices, vous êtes nés dans des États africains indépendants. Et tout comme les réalisations d’il y a cinquante ans sont pour vous une source d’inspiration, le travail que vous faites aujourd’hui inspirera les Africains pendant des générations à venir.

Bon – je crois, Tumie, que vous aimez envoyer des tweets (Rire) Et Tumie a cité des paroles qui ont motivé un nombre incalculable de gens : « Si tes actions inspirent les autres à rêver davantage, à apprendre davantage, à faire davantage et à se dépasser davantage, alors tu es un leader. »

Donc, chacun d’entre vous qui êtes ici aujourd’hui, vous êtes un leader. Vous êtes une source d’inspiration pour les jeunes de votre pays. Vous êtes une source d’inspiration pour nous aux Etats-Unis. L’avenir est ce que vous faites de lui. Alors si vous continuez à rêver, continuez à travailler d’arrache-pied et continuez à apprendre et si vous n’abandonnez jamais, alors je suis confiant que vos pays et le continent tout entier et le monde tout entier en seront meilleurs.

À vous tous, je dis « merci beaucoup ». (Applaudissements)

Séance questions-réponses

LE PRÉSIDENT : Bon, maintenant, je vais répondre à vos questions. Mais voici les règles (rires). Tous ceux qui ont une question doivent lever la main. Pour être juste, je répondrai à une femme, puis à homme, et ainsi de suite, en alternance. Et essayez de poser des questions relativement courtes ; j’essaierai d’être bref moi-même pour répondre à autant de questions que possible parce que le temps nous est mesuré. D’accord ?

Je vais commencer par cette jeune fille, ici. Commencez par vous présenter et nous dire d’où vous venez.

Q. : Je vous remercie. Je parlerai en français si c’est…

LE PRÉSIDENT : Pas de problème, Quelqu’un va interpréter ? Oui ? Allez-y. Je vous demanderai de vous arrêter à la fin de chaque phrase, autrement elle pourrait perdre le fil de votre question.

Q. : Je vous remercie [elle parle en français et ses propos sont traduits]. Bonjour, Monsieur le Président, et bonjour tout le monde. Je m’appelle Fatima Sungo [transcription phonétique] et je viens du Mali. J’ai une question, et votre réponse m’intéresse, mais d’abord, Monsieur le Président, je voudrais vous dire combien nous sommes fiers et honorés d’être avec vous aujourd’hui et enchantés de pouvoir faire entendre la voix des jeunes Africains, des jeunes leaders africains, et nous sommes pleinement conscients du fait que vous nous ayez reconnus et donné l’occasion d’être ici et nous assumons aussi la responsabilité de transmettre votre message chez nous.

Je voudrais dire que je suis sûre que ce moment constitue un tournant, que c’est le début d’un changement important, cette initiative que vous avez lancée, de nous rassembler tous ici. Je me demande quand l’idée vous en est venue. Quand avez-vous imaginé que de nous rassembler ici serait une bonne chose ? Monsieur le Président, je me demande comment vous êtes arrivé à cette conclusion ?

LE PRÉSIDENT : Bon, d’abord, une des choses qui arrivent quand on est Président est que d’autres personnes ont de bonnes idées et que vous vous en attribuez le mérite (rires). Alors, je ne veux pas m’attribuer le mérite de mes idées – de ces idées – parce que, pour dire la vérité, mon personnel travaille d’arrache-pied à trouver des moyens de communiquer non seulement avec les chefs d’État, mais aussi avec la base.

Et, je pense, la raison en est que, lorsqu’on pense à l’Afrique, l’Afrique est un continent jeune. Dans nombre des pays que vous représentez, la moitié de la population a moins de 30 ans. Et souvent, si vous parlez uniquement avec des vieux comme moi, vous n’atteignez pas les gens qui auront une nouvelle dynamique, de nouvelles idées, de nouvelles initiatives à offrir. Alors, nous avons pensé que ce serait important d’avoir l’occasion de rassembler la nouvelle génération de leaders.

C’est la première chose. La deuxième – et pendant ce forum, il va m’arriver de parler sans ambages et j’espère que vous ne m’en voudrez pas – c’est que quelquefois les vieux dirigeants acquièrent des habitudes dont il leur est difficile de se défaire. Alors, ce que nous voulions faire aussi, c’était de communique avec des gens qui ne pensaient pas que les vieilles manières de faire les choses sont les manières dont l’Afrique doit faire les choses.

Dans certains de vos pays, la liberté de la presse est toujours limitée. Il n’y a aucune raison à cela. Cela n’est absolument pas inévitable. Et les jeunes sont plus aptes à poser des questions, pourquoi est-ce que la presse n’est pas libre ? Dans certains de vos pays, la corruption est endémique, et les gens qui font des affaires dans ces pays depuis 20, 30 ans, lèvent les bras au ciel et disent, eh oui, c’est comme ça.

Mais Robert Kennedy avait une manière merveilleuse façon d’envisager cela lorsqu’il disait que certains voient les choses comme elles sont et demandent « pourquoi », tandis que d’autres voient ce qui a besoin d’être changé et demandent « pourquoi pas ? » Et je pense que votre génération est prête à poser la question « pourquoi pas ? ». Pourquoi l’Afrique n’est-elle pas autosuffisante en agriculture ? Il y a suffisamment de terres arables, et si nous restructurons l’agriculture et les marchés africains, la plupart des pays africains seront en mesure non seulement de s’autoalimenter, mais aussi d’exporter leurs récoltes pour aider à alimenter le reste du monde. Pourquoi pas ?

Les nouvelles infrastructures – autrefois, il fallait avoir des lignes téléphoniques et à forte intensité de capital pour communiquer ; mais aujourd’hui, nous avons l’Internet et les communications à large bande et les téléphones mobiles, si bien que vous, tout le continent, vous pouvez brûler les étapes et sauter à des stades de développement plus avancés et découvrir des méthodes de communications que nous ne pouvons pas encore imaginer, Pourquoi pas ?

Voilà pourquoi nous sommes ici. Et je veux être certain que vous aurez l’occasion de faire connaissance les uns avec les autres parce que vous pouvez vous épauler mutuellement dans vos tentatives et vos combats pour un meilleur avenir pour vos pays. Maintenant, vous aurez un réseau de contacts pour vous aider à faire ce que vous essayez de faire. Et vous savez que quelquefois lorsque vous appuyez des changements vous vous sentez seuls, mais maintenant, vous avez un groupe qui pourra vous épauler dans ce que vous faites.

Bon, maintenant, c’est au tour de ce jeune homme. C’est pourquoi nous avons des leaders, tout le monde a quelque chose à dire. Mais vous n’avez pas besoin de claquer les doigts. Non, c’est au tour d’un homme – ce jeune homme, ici.

Q. : Monsieur le Président, je m’appelle Bai Best (transcription phonétique) et je suis libérien. Le docteur Solomon Carter Fuller a été en son temps le premier psychiatre noir d’Amérique et probablement du monde. Dans mon pays, le Libéria, où un grand nombre de personnes accomplissent des choses remarquables dans leur pays et dans le reste du monde, bon nombre d’entre elles ne sont pas reconnues à leur juste valeur. Aujourd’hui, le nom du docteur Fuller est gravé là où il y a – il y a un centre médical qui porte son nom à Boston. De nombreux jeunes Africains et jeunes Libériens talentueux ont d’excellentes idées et souhaitent rentrer chez eux et contribuer à leur pays, au développement de leur peuple. Mais souvent, leurs efforts – leurs efforts patriotiques – sont anéantis par des membres corrompus, ou parfois simplement envieux, du gouvernement ou d’autres secteurs. Ce problème n’est pas nouveau. Souvent, cela les conduit en pratique à partir en quête d’autres horizons plus favorables et à être davantage appréciés à l’étranger au lieu de rentrer chez eux. Que pensez-vous de cette situation ?

LE PRÉSIDENT : Eh bien, voyez-vous, ce n’est pas un problème propre à l’Afrique. Du fait des différents degrés de développement de par le monde, l’un des problèmes que les pays les plus pauvres rencontrent souvent, c’est que leurs habitants les mieux instruits et les plus talentueux ont d’autres perspectives d’avenir ailleurs. C’est ce qu’on appelle « l’exode des cerveaux » : une personne constate qu’elle peut gagner dix fois plus en exerçant sa profession de médecin à Londres que dans son propre pays.

Il s’agit d’un problème de longue date. Mais nous vivons à une époque intéressante : ce sont maintenant sur les marchés émergents que se trouvent les meilleures perspectives d’expansion. Il y a en Afrique des pays qui ont un taux de croissance de 7, 8 ou 9 % par an. Si vous êtes un entrepreneur et que vous avez une bonne idée à exploiter, vous allez probablement développer davantage votre activité et obtenir de meilleurs résultats dans votre pays d’origine qu’ici.

Toutefois, cela comporte de plus grands risques et il peut paraître plus prudent d’émigrer. Mais vous pourrez peut-être réaliser davantage de choses, plus rapidement, dans votre pays d’origine. Pour de jeunes dirigeants comme vous, la question est donc de savoir où vous voulez avoir le plus d’influence. Et c’est probablement dans votre pays que vous allez exercer le plus d’influence, que vous soyez homme ou femme d’affaires, médecin ou avocat, ou que vous meniez une action de mobilisation. C’est probablement là que vous pourrez obtenir le plus de changements.

Ceci dit, vous avez tout à fait raison : il faut que les circonstances de votre pays s’y prêtent. Si vous voulez retourner dans votre pays et créer une entreprise, mais que vous devez payer trop de pots-de-vin simplement pour démarrer votre activité, à un moment donné vous allez peut-être y renoncer.

Et c’est l’une des choses que nous essayons de faire – avec mon équipe – quand nous parlons de développement, la bonne gouvernance est au coeur du développement. Les deux sont indissociables. On entend parfois dire qu’il s’agit, d’une part, d’une question politique et, d’autre part, d’une question économique. Mais non. Si vous vous trouvez dans une situation où vous ne pouvez pas créer d’entreprise ou attirer des investissements car les lois ne sont pas vraiment respectées, cela va empêcher tout développement.

Si, pour vendre leurs récoltes sur les marchés, les agriculteurs doivent passer par des intermédiaires si nombreux qu’ils ne gagnent en fin de compte que quelques centimes alors que leurs produits sont vendus à 10 dollars, à terme, cela freine le développement agricole d’un pays. Nous voulons donc, dans le cadre de nos consultations avec vos gouvernements, mettre constamment l’accent sur cette question de bonne gouvernance car je suis sûr que vous saurez déterminer quels changements sont à réaliser dans votre pays.

J’ai toujours dit que le destin de l’Afrique allait dépendre des Africains. Ce n’est pas de moi que cela dépend ni de ceux qui se trouvent en dehors du continent. Cela va dépendre de vous. Tout ce que nous pouvons faire, c’est de veiller à ce que vous puissiez vous exprimer, progresser et profiter de ces perspectives d’avenir. Si tel est le cas, je pense que beaucoup de gens – même s’ils ont fait leurs études à l’étranger – voudront rentrer chez eux pour y faire ce qu’ils ont à faire.

Bien. Voyons. Je vais prendre la question de cette jeune femme là-bas.

Q. : (S’exprime en portugais, traduit.) Bonjour à tous. Et merci, Monsieur le président, pour ce dialogue.

LE PRÉSIDENT : Cela m’a l’air d’être du portugais. (Rires.)

Q. : C’est en effet du portugais du Mozambique, Monsieur.

LE PRÉSIDENT : Très bien.

Q. : Sachant, Monsieur le Président, que l’Amérique est bien sûr une référence en matière de démocratie dans le monde, et que vous êtes vous-même un protagoniste dans ce contexte actuel, je souhaiterais savoir quelles recommandations vous donneriez aux jeunes Africains et à la société civile, notamment pour respecter les principes de non-violence et de bonne gouvernance, ainsi que les principes de la démocratie, dans notre pays. Car, bien sûr, notre réalité est souvent complètement différente. Souvent, le taux d’abstention lors des élections atteint 80 % et les élections manquent de transparence, ce qui, malheureusement, conduit trop fréquemment à des conflits sociaux. Je vous remercie.

LE PRÉSIDENT : Et bien, permettez-moi de dire, pour commencer, comme je l’ai déjà fait remarquer, que l’on ne peut dissocier la politique et l’économie, l’on ne peut dissocier les conflits et le développement. Les conflits constants qui sévissent en Afrique, et qui sont souvent fondés sur l’appartenance ethnique, nuisent profondément au développement et ils aggravent la situation.

Les conflits et la violence effraient les investisseurs. Il est alors plus difficile pour les entrepreneurs de créer des entreprises, ce qui signifie que les jeunes n’ont pas de travail et qu’ils risquent donc davantage d’être recrutés pour combattre dans de violents conflits. Cela crée un cercle vicieux.

Je suis profondément convaincu que l’on ne doit pas considérer la violence comme une solution aux problèmes. Et je pense que la non-violence, lorsqu’elle est utilisée comme il se doit, est une immense source de force morale et éthique.

Deuxièmement, je pense que la chose la plus importante que les jeunes puissent faire ici, c’est de promouvoir, au sein même de leurs groupes et organisations, les valeurs d’ouverture d’esprit, de transparence, de libre débat et de respect des opinions contraires, car cela crée de bonnes habitudes. Si vous être membre d’une organisation – et je m’adresse ici en particulier aux hommes – si vous êtes membres d’une organisation dans le cadre de laquelle vous prônez la démocratie, mais où les femmes ne peuvent s’exprimer dans des conditions d’égalité, alors vous êtes hypocrites, n’est-ce pas ? Et il faut – (applaudissements). Il faut être honnête sur ce point. Il arrive souvent, dans les pays africains, que les femmes n’ont pas les mêmes possibilités de s’exprimer, bien qu’elles assument plus que leur juste part de responsabilités.

Alors dans vos organisations, dans vos réseaux, adoptez de bonnes pratiques démocratiques, écoutez avec respect ceux dont vous ne partagez pas les opinions, veillez à ce que chacun puisse participer – tout ceci, à mon avis, est très important.

Car ce que j’espère entre autres, c’est que certains, parmi vous, seront un jour les dirigeants de votre pays. Quand on y réfléchit, dans les années 1960, quand vos grands-parents, vos arrière-grands-parents ont acquis l’indépendance, se sont battus pour l’indépendance, les premiers dirigeants se sont tous déclarés en faveur de la démocratie. Mais ce qui finit par arriver, c’est qu’après avoir été au pouvoir pendant un certain temps, certains se disent : « Je suis un si bon dirigeant qu’il est dans l’intérêt du peuple que je reste à ce poste. » Et ils commencent à modifier les lois, ou à faire pression sur leurs opposants et à les mettre en prison. Et c’est ainsi que de jeunes gens – comme vous – pleins d’espoir et d’avenir ¬– finissent par devenir exactement ce contre quoi ils se sont battus.

Alors, l’une des notions que tous ceux ici présents doivent bien assimiler, c’est à mon avis que – je crois que c’est Ghandi qui l’a dit – vous devez incarner le changement que vous souhaitez obtenir. Vous devez incarner le changement que vous souhaitez obtenir. Et l’une des grandes qualités des États-Unis, c’est que, dans mon rôle de président, quand il arrive que, dans un moment d’énervement, j’ai l’impression d’en savoir beaucoup plus que certains de mes détracteurs, nous avons inscrit dans notre système institutionnel le principe que ces détracteurs ont tout à fait le droit de me critiquer, même si ces critiques peuvent me sembler complètement absurdes. Et je dois me faire élire par la population et je ne peux faire que deux mandats – quelle que soit la qualité de mon travail. C’est une bonne chose car cela veut dire que nous avons instauré une culture dans laquelle les institutions de la démocratie sont plus importantes que n’importe quel individu donné.

Ce n’est pas parfait pour autant. De toute évidence, nous avons aussi toutes sortes de problèmes. Mais cela veut dire que la passation de pouvoirs s’effectue sans heurts et que la population a toujours son mot à dire – la confiance que nous accordons à ce processus démocratique doit être adoptée dans tous vos pays également.

D’accord ? Bien. Au tour d’un jeune homme maintenant. De ce côté-ci de la table. Ce jeune homme ici. Je ne vais pas pouvoir répondre aux questions de tous – je vous prie d’avance de m’en excuser.

Q. : Merci beaucoup, Monsieur le Président. Je viens du Malawi. Monsieur le Président, le VIH/sida a un effet considérable sur le développement de l’Afrique. Si cela continue comme ça, j’ai peur que l’Afrique n’ait pas d’avenir. Je crois que c’est aux jeunes, comme nous, de changer les choses. Nous avons besoin d’un solide programme de prévention du VIH. Mais, il faut le répéter, il faut qu’on ait accès aux traitements.

J’ai assisté à la conférence mondiale du sida qui s’est tenue récemment à Vienne, et les critiques disaient que le pire – le gouvernement des États-Unis n’appuie pas suffisamment la lutte contre le VIH/sida en Afrique par le biais du PEPFAR et du Fonds mondial. Mais d’un autre côté, les militants engagés dans la lutte contre le VIH/sida disent que l’Afrique n’a pas mobilisé suffisamment de ressources par elle-même pour combattre la pandémie de sida et qu’elle est largement tributaire de l’Occident.

Je crois que le pari que nous avons à tenir, nous, jeunes leaders africains, c’est de mettre un terme à cette situation, et il faut vraiment que nous freinions la transmission. Je ne sais pas – de votre point de vue, qu’est-ce qu’on peut faire pour mettre fin à cela ? Sinon, le développement de l’Afrique va durement en pâtir.

LE PRÉSIDENT : Bon. Je vais commencer par vous parler des États-Unis et de ce que nous faisons. J’ai été en désaccord sur certains points avec mon prédécesseur, mais l’une des excellentes initiatives du président Bush, c’est d’avoir mis en route le PEPFAR. C’est un investissement considérable dans la lutte contre le VIH/sida au niveau tant de la prévention que du traitement. Des milliards de dollars ont été engagés. Nous avons construit notre action sur cette base.

Alors, quand vous entendez des détracteurs – ce qu’ils disent, c’est que bien que j’aie augmenté l’enveloppe budgétaire du PEPFAR, ils auraient voulu que je l’augmente encore davantage, et je suis pour, parce que les besoins sont considérables. Mais comprenez-bien que j’ai augmenté ce budget. Je ne l’ai pas amputé – à un moment où les États-Unis connaissent la pire situation économique – alors qu’ils viennent de sortir de la pire récession qu’ils aient jamais connue depuis les années 1930. Et pourtant, parce que nous sommes attachés à cette question, nous avons accru notre financement.

Nous avons inscrit notre démarche dans une initiative plus vaste, celle de l’Initiative pour la santé mondiale. Parce que tout en combattant le VIH/sida, nous veillons aussi à ne pas nous limiter à la question des traitements, mais à envisager le problème sous l’angle de la prévention et de la prévention de la transmission.

Nous n’aurons jamais assez d’argent si nous ne faisons rien d’autre que de traiter les gens qui se font infecter constamment. Nous devons absolument nous doter d’un mécanisme capable de mettre fin au taux de transmission. Ce que nous essayons donc de faire, c’est d’élargir l’infrastructure de la santé publique, de trouver quels programmes de prévention font de l’effet, comment nous pouvons les institutionnaliser, les adapter aux réalités culturelles – parce que tous les programmes ne vont pas convenir à tous les pays.

Je dois dire que, en Afrique en particulier, nous savons que l’autonomisation des femmes va se révéler critique pour la réduction du taux de transmission. Cela, nous le savons. Parce que souvent, comme les femmes n’ont pas leur mot à dire au sujet des pratiques sexuelles ni de leur corps, le taux de transmission est extrêmement élevé dans cette catégorie de la population.

À la base, donc, il va falloir se concentrer sur la prévention, construire une infrastructure de santé publique. Nous allons continuer de financer les médicaments antirétroviraux, et ce à des niveaux très élevés. Mais gardez bien à l’esprit que nous n’aurons jamais assez d’argent – l’effort à fournir sera interminable si les taux de transmission restent élevés et que nous nous contentons de traiter les gens une fois qu’ils sont malades.

C’est l’histoire classique du groupe de gens qui voient un tas de cadavres dans une rivière. Tout le monde se jette à l’eau pour récupérer les corps, mais une personne plus sage que les autres remonte le long de la rivière pour essayer de comprendre pourquoi tous ces gens meurent noyés ou tombent dans le fleuve. Voilà, je crois, ce que nous devons faire – travailler en amont pour voir comment nous pouvons réduire ces taux de transmission.

Et évidemment – quand j’ai visité le Kenya, par exemple – d’un simple point de vue éducatif – Michelle et moi, nous nous sommes soumis à un test de dépistage près du village où mon père est né. Nous l’avons fait, publiquement, pour connaître notre statut sérologique. C’est un exemple parmi d’autres des mécanismes éducatifs que nous pouvons utiliser dans l’espoir de faire une différence.

D’accord ? Bon, c’est le tour d’une femme. Allez, cette jeune femme, ici.

Q. : Merci beaucoup, M. le Président. Et le Ghana vous salue. Nous attendons 2014 avec impatience 2014 – (rires) – pour rééditer. Je me souviens que j’animais un programme de radio le jour du match. Et nous avons au Ghana un expert en football, qui ne parle pas très bien l’anglais, mais qui est très passionné. Je l’interviewais, donc, et je lui ai demandé ce que devrait être l’état d’esprit de nos hommes avant le match. Et il m’a dit ceci : « Ce n’est pas la guerre, c’est du football. Si c’était la guerre, nous devrions peut-être avoir peur, parce que l’Amérique est plus puissante que nous. » (Rires) Mais c’est du football. Alors ils doivent y aller et faire de leur mieux. Et c’est ce qu’ils ont fait.

LE PRÉSIDENT : Eh bien, ils ont fait un excellent travail. C’était une très bonne équipe.

Q. : M. le Président, ma question est la suivante : j’entends beaucoup de jeunes leaders africains qui se demandent à quel point l’Amérique serait vraiment intéressée par un partenariat. J’en entends qui se montrent cyniques sur la notion du partenariat. Ils demandent, ils demandent toujours : un partenariat ? Est-ce qu’il peut y avoir un partenariat équitable entre une nation forte et une faible ?

Et donc, alors que nous nous préparons pour l’avenir, nous posons la même question à l’Amérique : Dans quelle mesure votre pays est-il déterminé à faire en sorte que les décisions difficiles attendues des jeunes en matière de commerce, d’agriculture, d’aide, soient prises -- dans la mesure où elles ne vont peut-être pas dans le sens des intérêts de l’Amérique ? Parce que j’entends dire aussi que l’Amérique protégera ses intérêts avant tout. L’Amérique est –elle disposée à forger un partenariat qui n’est peut-être pas nécessairement bénéfique pour elle, mais qui va vraiment dans le sens de l’intérêt souverain des pays que nous représentons ?

LE PRÉSIDENT: Laissez-moi vous dire ceci. Tous les pays veillent à leurs intérêts. Je suis le président des États-Unis et mon travail est donc de veiller à l’intérêt du peuple des États-Unis. C’est mon travail, non ? (Applaudissements)

Cela dit, je pense en fait que les intérêts des États-Unis et les intérêts du continent africain se chevauchent dans une grande mesure. Nous avons tout intérêt à voir toute l’Afrique se développer, parce que nous sommes une économie plus mûre ; l’Afrique a une économie jeune et croissante, et si vous pouvez nous acheter davantage d’iPods, nous acheter davantage de produits, nous acheter davantage de services, nous acheter davantage de tracteurs, que nous vendons à un continent en croissance rapide, cela crée des emplois ici, aux États-Unis.

Nous avons tout intérêt à ce que vos systèmes de santé publique soient efficaces, parce que si nous réduisons considérablement la propagation du VIH/sida en Afrique, cela aura un effet positif sur les taux d’infection par le VIH sur le plan international, en raison de la transmigration des maladies dans un monde international. Et sans oublier que, si je ne dépense pas tout cet argent pour le programme PEPFAR, c’est de l’argent que je peux dépenser à autre chose. Et cela m’incite donc à faire en sorte que l’Afrique se porte bien. Cela va dans le sens de notre intérêt.

Et s’il est certain que nous avons de véritables conflits d’intérêts avec certaines régions du monde, dans le domaine du commerce, par exemple, le fait est que nous, les États-Unis, n’avons pas de gros conflits d’intérêts lorsqu’il s’agit du commerce avec l’Afrique, parce que, franchement, les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique sont d’un niveau si modeste que très peu de sociétés américaines, très peu d’intérêts commerciaux des États-Unis sont touchés.

C’est pourquoi avec l’AGOA, notre arrangement commercial avec l’Afrique, nous pouvons éliminer les droits de douane et les subventions et permettre l’importation de toutes sortes de biens, en partie parce que vous n’êtes pas nos principaux concurrents.

Bon, je ne dis pas qu’il n’y aura jamais de conflits. Il y en aura. Il y aura des divergences en matière de visions du monde. Il y aura certains produits agricoles qui touchent à certains intérêts américains, ou il y a certains intérêts en Europe qui veulent empêcher l’importation de ces produits, encore que, globalement, l’effet sur l’économie américaine ne sera pas immense. Donc il y aura, à l’occasion, des zones de tension. Mais dans l’ensemble, la raison pour laquelle vous pouvez nous croire quand nous disons que nous voulons un partenariat, c’est que votre succès viendra améliorer notre position et non pas y nuire.

Nous avons également en Afrique certains de nos amis les plus loyaux. Dans tous les sondages, quand on demande quel est le continent qui a généralement les opinions les plus positives sur l’Amérique, c’est l’Afrique qui a généralement une opinion positive de l’Amérique et des expériences positives. Je pense donc que vous pouvez être assurés que même si je ne suis par président, le peuple américain souhaite vraiment la réussite de l’Afrique.

Ce que le peuple américain ne veut pas, c’est avoir l’impression que ses efforts sont peine perdue. Par conséquent, si, en des temps difficiles, nous apportons de l’aide, ces dollars d’aide doivent aller aux pays qui s’en servent véritablement de manière efficace. Et s’ils ne s’en servent pas de manière efficace, on ferait mieux de les allouer à d’autres pays.

Et l’une des choses que j’ai dites à mon équipe de développement, c’est que je veux que nous appliquions des normes élevées en termes de performance et d’évaluation quand nous établissons ces partenariats, parce qu’un partenariat va dans les deux sens. Cela veut dire que de notre côté, nous avons des comptes à vous rendre et que nous devons vous écouter et nous assurer que tous nos plans ont été formulés endogènement. Cela veut dire que, de votre côté, vous avez aussi des comptes à nous rendre. Donc, vous ne pouvez pas vous contenter de dire « donnez-moi ci », « donnez-moi ça », et puis, si les choses ne marchent pas bien, ce n’est pas votre problème. N’est-ce pas ? Il faut que ça aille dans les deux sens.

Bien. J’ai l’impression que ce côté-ci n’a pas eu l’occasion de poser des questions. Alors, ce monsieur, ici.

Q. : Merci, Monsieur le Président. Je suis du Zimbabwe. Notre gouvernement est actuellement en période de transition, entre le ZANU PF et le Mouvement pour le changement démocratique. Dans ce même contexte, le Zimbabwe est visé par des mesures restrictives, lesquelles s’appliquent tout particulièrement aux partisans de Robert Mugabe, comme l’exige la loi ZIDERA. Dans quelle mesure cette loi a-t-elle été un succès, a-t-elle favorisé la formation d’un gouvernement représentatif ? Parce qu’au Zimbabwe, Robert Mugabe utilise toujours la rhétorique des sanctions, du racisme, du non-respect des droits de la propriété et des violations des droits de l’homme, au mépris de l’État de droit. Comment cette loi a-t-elle permis d’évoluer vers le succès ou la croissance pour les jeunes ?

LE PRÉSIDENT : Vous avez sans doute une meilleure réponse que moi. Vous devriez donc dire à notre équipe ce qui serait le plus rationnel. Je vais être honnête avec vous : lorsque je vois ce qui se passe au Zimbabwe, j’ai le cœur brisé. Je pense que Mugabe est l’exemple d’un dirigeant qui est arrivé au pouvoir en tant que combattant de la libération –et je vais être très franc – je ne le vois pas servir son peuple. Et les abus, les abus des droits de l’homme, la violence perpétrée contre les dirigeants de l’opposition, je pense que c’est affreux.

Bon, Tsvangirai a essayé de voir – bien qu’il ait lui-même été battu et emprisonné - il a essayé de voir s’il était possible de mettre en place une transition progressive. Mais jusqu’à présent, les résultats ont été en deçà de nos attentes.

Cela représente toujours une question difficile pour la politique étrangère des États-Unis, parce que d’un côté, nous ne voulons pas punir les gens pour les abus de leurs dirigeants. Mais d’un autre côté, nous avons très peu de moyens de pression. Tout ce que nous pouvons dire, si un gouvernement se livre systématiquement à des abus, c’est que nous n’allons pas commercer ni entretenir avec lui des relations politiques comme nous le ferions avec un pays respectueux des principes élémentaires des droits de l’homme.

Il y a donc eu des discussions avec plusieurs dirigeants, lorsque je me suis déplacé en Afrique australe, sur la question de savoir si des sanctions contre le Zimbabwe risquaient d’être contre-productives. Je vous dirais que j’aimerais être en mesure d’élargir les relations diplomatiques, économiques et commerciales avec le Zimbabwe. Mais pour ce faire, nous devons détecter des signes indiquant qu’il ne va pas se retrancher dans les abus du passé, mais qu’il va prendre une nouvelle direction de façon à vraiment aider son peuple.

Le Zimbabwe est un exemple classique de pays qui devrait être le grenier d’une région tout entière. C’est un pays spectaculaire. Certes, il a fallu qu’il traverse des moments douloureux et très difficiles quand il a rejeté le régime de la minorité blanche. Mais les dirigeants du pays ont choisi une voie différente de celle qu’a empruntée l’Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud connaît sa part de problèmes, mais comme on a pu en juger durant la Coupe du monde, le potentiel d’évolution de ce pays vers une démocratie multiraciale africaine capable d’occuper sa place sur la scène internationale constitue un modèle que, jusqu’à présent du moins, le Zimbabwe n’a pas suivi. Et c’est cette voie que j’aimerais le voir emprunter. D’accord ?

Combien de temps me reste-t-il, les gars ? Dernière question ? Désolé – dernière question. Non, c’est au tour d’une jeune femme. Là-bas.

Q. : Bonjour, Monsieur le Président. Je suis de la Somalie. Je suis venu ici avec une seule question. Vivant dans un pays en conflit qui jette dans la perplexité le monde entier et faisant partie des membres de la diaspora qui sont revenus pour améliorer, au péril de leur vie, la situation en Somalie, en particulier avec ce qui se passe à l’heure actuelle, j’aimerais savoir dans quelle mesure nous pouvons espérer un soutien des États-Unis. Je ne parle pas d’un soutien seulement sur le plan financier ou sous la forme d’une aide, mais d’un soutien d’un ami, de quelqu’un qui entend et écoute ceux d’entre nous qui mettent leur vie et celle de leur famille en danger pour défendre l’humanité.

LE PRÉSIDENT : Eh bien, je vous pense que vous jouissez de l’immense soutien du peuple des États-Unis lorsqu’il s’agit de tenter de créer une structure et un cadre en Somalie qui conviennent au peuple somalien.

L’histoire de la Somalie au cours des vingt dernières années fend le cœur. Vous n’avez pas eu un gouvernement qui fonctionne et qui puisse fournir les services de base. Il est en proie à des conflits, et maintenant toute la région est menacée à cause des extrémistes qui se sont implantés en Somalie et qui profitent de ce qu’ils estiment être un État faible pour s’en servir comme base de lancement d’attaques, tout récemment en Ouganda.

Les États-Unis expriment toutes leurs condoléances pour ceux qui ont péri à Kampala, au moment de la Coupe mondiale de football, qui a offert deux vues contrastées : d’un côté, une célébration merveilleuse et joyeuse en Afrique du Sud et, de l’autre, un attentat terroriste à la bombe à Kampala.

Nous tenons extrêmement à ce que la Somalie réussisse. C’est un autre exemple de là où nos intérêts se rejoignent. Si des groupements extrémistes s’implantent en Somalie, cela peut en fin de compte faire peser une menace sur les États-Unis comme sur l’Ouganda, sur le Kenya ainsi que sur l’ensemble de l’Afrique de l’Est.

À l’heure actuelle il existe un gouvernement de transition qui fait des efforts. Je ne pense pas que quiconque s’attende à ce que la Somalie se transforme soudainement, dans les quelques années à venir, en un modèle de démocratie. Quelle que soit la forme de gouvernement adoptée en Somalie, il est nécessaire d’être conscient des structures tribales et traditionnelles ainsi que des clans qui existent dans ce pays. Toutefois, il est certain que ce que nous pouvons faire, c’est de créer une situation où les gens, notamment les jeunes, ne portent pas partout avec eux des fusils et qu’ils ne se tirent pas dessus dans la rue. Nous souhaitons être un partenaire de la Somalie à cet égard, et nous continuerons de le faire.

Un certain côté est financier, un autre a trait au développement et un autre consiste à pouvoir aider à mettre en place une infrastructure de base. Dans certains cas, on peut trouver une partie du pays qui est relativement stable et commencer d’y créer un modèle que le reste du pays peut observer et dire : c’est là une voie différente de celle que nous suivons à l’heure actuelle.

Toutefois, je pense que cette métaphore de la réussite de la Coupe mondiale et de l’attentat à la bombe montre que chacun de vous va être en présence de deux voies. Il y a la voie qui nous prend dans la direction d’un plus grand nombre de conflits et d’effusions de sang, d’un développement économique moindre et du maintien de la pauvreté, alors même que le reste du monde va de l’avant à toute allure, et il y a celle où les gens œuvrent de concert en vue d’améliorer la situation de leur pays et d’en favoriser le développement.

Quant aux grandes promesses qui ont été réalisées au cours des cinquante dernières années, je tiens à ce que vous compreniez, car je pense qu’il importe que nous soyons honnêtes avec nous-mêmes, que l’Afrique a aussi laissé passer d’immenses possibilités pendant trop longtemps.

Je vais vous en donner un exemple. Quand mon père est venu aux États-Unis pour y faire des études au début des années soixante, le produit intérieur brut du Kénya était en fait le même, ou peut-être un peu plus élevé, que celui de la Corée du Sud. Songez-y. Donc, quand je suis né, le revenu par habitant était au Kénya supérieur à celui de la Corée du Sud. À l’heure actuelle, il est loin de l’égaler. Eh bien, ce sont cinquante années que l’on a perdues pour ce qui est des possibilités économiques. Lorsqu’il s’agit de ressources naturelles, de talent ou de capacités, il n’y a aucune raison qui explique pourquoi le Kénya ne devrait pas avoir suivi la même trajectoire.

Donc, vous voulez veiller à que le continent africain n’ait pas de nouveau laissé ces possibilités leur échapper lorsque vous regarderez en arrière dans cinquante ans. Les États-Unis souhaitent vous écouter et œuvrer avec vous. Lorsque vous rentrerez et que vous parlerez à vos amis, vous pourrez dire que le principal message du président est que nous encourageons votre réussite et que nous tenons à œuvrer de concert avec vous en vue de cette réussite, mais que finalement celle-ci va être entre vos mains. Être partenaire signifie que nous pouvons être à vos côtés, mais que nous ne pouvons pas le faire pour vous.

Je vous remercie, tous.

(Fin de la transcription)

 

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